La relation commerciale entre l’Allemagne et la Chine entre dans une phase plus difficile. Pendant des décennies, les industriels allemands ont profité de la demande chinoise en véhicules, machines, produits chimiques et équipements de pointe.


Les importations en provenance de Chine ont aussi permis aux entreprises et aux consommateurs d’accéder à des produits à prix compétitifs.


<h3>Des débouchés à l’export sous pression</h3>


La Chine était le premier partenaire commercial de l’Allemagne en 2025, avec des échanges de biens atteignant environ 251,8 milliards d’euros. Un volume d’échanges élevé ne signifie pas pour autant que les exportateurs allemands en profitent autant. Les exportations allemandes vers la Chine ont faibli dans plusieurs secteurs clés. Les véhicules et les machines industrielles, piliers traditionnels de l’export allemand, se heurtent à la concurrence de constructeurs chinois qui ont amélioré leurs technologies et accru leurs capacités de production.


Certaines entreprises allemandes ont aussi développé leur production locale en Chine. Produire plus près des clients peut réduire les frais de transport et faciliter l’accès au marché, mais cela peut aussi signifier moins de produits expédiés depuis l’Allemagne.


Une analyse du Fonds monétaire international a mis en avant la faiblesse de la demande chinoise, une concurrence intérieure plus forte et l’essor de la production locale comme facteurs pesant sur les performances commerciales de l’Allemagne. Ces évolutions suggèrent un changement structurel plutôt qu’un simple recul temporaire des commandes.


<h3>Les industriels chinois gagnent du terrain en Europe</h3>


La concurrence est de plus en plus visible dans l’automobile. Les constructeurs chinois ont étendu leur présence dans les véhicules électriques en jouant sur les prix, le développement de produits et l’efficacité de production. Les constructeurs allemands doivent à la fois maintenir leurs ventes en Chine et défendre leur position en Europe. Les fabricants de machines, d’équipements électriques et d’autres produits industriels font face à des défis similaires.


La concurrence peut profiter aux consommateurs grâce à plus de choix et des prix compétitifs. Mais une pression durable sur les industriels nationaux peut réduire les marges et influencer les décisions d’investissement et d’emploi. L’issue dépendra en partie de la capacité des entreprises allemandes à réagir par l’innovation, la maîtrise des coûts et des produits adaptés aux besoins changeants des clients.


<h3>Pourquoi l’Allemagne revoit sa stratégie commerciale</h3>


L’économie industrielle allemande dépend fortement du commerce international. La demande étrangère soutient la production, l’emploi et l’investissement dans de nombreux secteurs. Les inquiétudes grandissent toutefois sur les écarts de coûts de production, l’accès aux marchés et les aides publiques susceptibles de fausser la concurrence. Les entreprises allemandes se demandent de plus en plus si les accords commerciaux existants leur permettent de concourir à armes égales.


Noah Barkin, conseiller principal au sein du pôle Chine de Rhodium Group, a résumé la logique d’une approche plus ferme dans des propos publiés par DW : « les avantages de l’action l’emportent sur le coût de l’inaction ».


<h3>Renforcer l’industrie sans perdre les avantages du commerce</h3>


Des mesures commerciales peuvent répondre à des pratiques déloyales lorsque les preuves et les règles applicables justifient une intervention. Mais des restrictions générales peuvent augmenter les coûts des entreprises qui dépendent de composants importés ou de clients étrangers. La compétitivité à long terme exige aussi des investissements dans la recherche, l’automatisation, les compétences et l’efficacité de production.


La diversification des chaînes d’approvisionnement est un autre enjeu. Dépendre fortement d’un petit nombre de fournisseurs ou de marchés accroît l’exposition aux perturbations. Disposer de sources alternatives peut renforcer la résilience sans abandonner les relations commerciales établies.


La relation entre l’Allemagne et la Chine continue d’offrir d’importantes opportunités commerciales, mais leurs bénéfices se répartissent de moins en moins équitablement entre les secteurs. Le recul des exportations dans certaines branches et la montée de la concurrence chinoise en Europe poussent les entreprises allemandes à repenser leurs stratégies.


La réponse à long terme dépendra de l’innovation, des gains de productivité, de la diversification des approvisionnements et de mesures commerciales soigneusement conçues. Préserver les avantages du commerce international tout en maintenant une base industrielle compétitive restera un défi majeur pour l’économie allemande.