Les coiffeurs manipulent toute la journée ciseaux, tondeuses, rasoirs, colorations, shampooings et autres produits. Si l'exposition aux produits chimiques et les lavages de mains répétés sont des risques professionnels bien connus, le métal libéré par les outils de coupe pourrait être une autre source d'irritations et d'allergies cutanées.


Une étude publiée dans Contact Dermatitis en octobre 2026 a examiné du matériel de coiffure professionnel au Danemark : certains outils libéraient du nickel ou du cobalt, deux métaux associés à la dermatite allergique de contact.


<h3>Ce que les chercheurs ont découvert</h3>


L'équipe a examiné 266 outils de coupe professionnels collectés dans 58 salons de coiffure danois entre mars et juin 2026 : 167 paires de ciseaux, 95 tondeuses et quatre rasoirs. Des tests chimiques rapides ont permis de vérifier si leurs surfaces libéraient des quantités détectables de nickel ou de cobalt.


Du nickel a été détecté sur 37 outils, soit 13,9 % du total, et du cobalt sur 18 outils, soit 6,8 %. Parmi les ciseaux, 15,6 % étaient positifs au nickel et 6,6 % au cobalt ; pour les tondeuses, 10,5 % et 6,3 %. L'échantillon de rasoirs, limité à quatre, ne permet pas de tirer de conclusion fiable.


Le problème ne se limitait pas à quelques outils isolés : au moins un outil positif au nickel a été trouvé dans 22 des 58 salons, et du matériel positif au cobalt dans 12 salons.


<h3>Pourquoi le nickel et le cobalt posent problème</h3>


Le nickel et le cobalt sont des allergènes de contact reconnus. Chez les personnes sensibilisées, le contact avec la peau peut déclencher une dermatite allergique de contact, une réaction inflammatoire qui provoque rougeurs, démangeaisons, sécheresse et crevasses.


La sensibilité au nickel est fréquente et souvent liée au contact avec certains objets métalliques ; le cobalt peut aussi provoquer des allergies, parfois associées à d'autres métaux. Chez les coiffeurs, l'exposition répétée est d'autant plus préoccupante que la barrière cutanée peut être fragilisée par les lavages fréquents, les shampooings et le contact avec les produits de nettoyage ou les soins capillaires.


<h3>L'avis des chercheurs</h3>


L'étude a été menée par Kian Karimian et ses collègues, rattachés à des centres de recherche en dermatologie et allergologie liés à l'université de Copenhague et à l'hôpital de Herlev et Gentofte. Ils concluent que la libération de nickel et de cobalt par des outils de coiffure courants constitue un risque professionnel répandu.


<h3>Comment limiter l'exposition au salon</h3>


Des mesures simples aident à limiter les lésions cutanées et les contacts inutiles avec les allergènes. Les coiffeurs peuvent porter des gants adaptés pour le travail en milieu humide ou la manipulation de produits irritants, en suivant les consignes des produits et les règles de sécurité. Les gants doivent être choisis avec soin, dans une matière adaptée aux produits utilisés, et remplacés s'ils sont abîmés ou souillés ; porter longtemps des gants humides peut aussi aggraver les problèmes de peau.


Un lavage des mains doux, un séchage soigneux et l'usage régulier d'une crème hydratante sans parfum aident à préserver la barrière cutanée. En cas de démangeaisons, rougeurs ou crevasses persistantes, mieux vaut consulter plutôt que de croire à une simple sécheresse : un dermatologue peut rechercher une allergie de contact par des tests adaptés.


Les gérants de salon peuvent aussi interroger leurs fournisseurs sur les matériaux des ciseaux, tondeuses et rasoirs. Un matériel adapté aux personnes sensibles aux métaux peut réduire l'exposition, même si la description d'un produit ne garantit pas à elle seule qu'il ne libère aucun métal allergène.


<h3>Pourquoi d'autres recherches sont nécessaires</h3>


Cette enquête danoise apporte des données de terrain utiles, mais elle a des limites : elle ne porte que sur un pays, et ses résultats ne représentent pas forcément tous les marchés ou fabricants. Les tests ont détecté une libération de métal sans mesurer la quantité absorbée par la peau en conditions réelles, et l'étude n'a pas établi combien de coiffeurs avaient une allergie confirmée. De futures recherches pourraient associer tests d'outils, mesures d'exposition, examens médicaux et suivi à long terme.


Un test positif ne signifie pas qu'une dermatite va forcément apparaître, mais ces résultats plaident pour une meilleure sensibilisation, une protection cutanée adaptée, un choix attentif du matériel et davantage de recherches. Protéger la barrière cutanée reste essentiel pour préserver la santé des professionnels de la coiffure sur le long terme.