Alors que le coût de la dette française continue de grimper, le ministre de l'Économie Roland Lescure a voulu envoyer un message de confiance aux investisseurs : selon lui, la « signature » de la France reste solide sur les marchés.


Il s'exprimait le jeudi 1er octobre 2026, à l'occasion de la présentation du projet de budget 2027 après le Conseil des ministres, dans un contexte de forte tension sur les taux d'intérêt.


<h3>Des taux au plus haut depuis 2002</h3>


Le rendement de l'obligation française à 10 ans a bondi à 4,96 % ce jeudi, contre 4,85 % la veille, un niveau inédit depuis 2002. Le ministre reconnaît que l'État emprunte plus cher qu'il y a un an, tout en soulignant que les titres français continuent de bien se vendre.


La hausse n'est pas propre à la France : dans plusieurs pays, les taux longs atteignent leurs plus hauts niveaux depuis une vingtaine d'années, sous l'effet notamment de la hausse des prix du pétrole et des inquiétudes sur la soutenabilité des dettes publiques. La France y est toutefois particulièrement exposée, car elle prévoit d'emprunter un montant record de 340 milliards d'euros l'an prochain.


<h3>Une adjudication bien reçue</h3>


Pour appuyer son propos, le gouvernement peut s'appuyer sur l'adjudication du jour : l'Agence France Trésor a placé 12 milliards d'euros d'obligations assimilables du Trésor (OAT), avec une demande soutenue de la part des investisseurs.


<h3>Un budget 2027 tourné vers le redressement</h3>


Le projet de budget prévoit 43 milliards d'euros de mesures de redressement des comptes publics. Roland Lescure assure que le gouvernement renoue avec la consolidation budgétaire en 2027 plutôt que de laisser filer le coût de l'emprunt. L'objectif de ramener le déficit à 3 % du PIB en 2029 est, selon lui, ambitieux mais atteignable.


Les chiffres montrent toutefois l'ampleur du défi : la dette publique devrait atteindre un niveau record de 121,7 % du PIB l'an prochain, et la charge des intérêts dépasser 79 milliards d'euros cette année, puis 91 milliards d'euros en 2027, selon Bercy.


<h3>Un message adressé aux marchés</h3>


La poursuite de la hausse des taux est perçue comme le signe d'une méfiance croissante à l'égard de la dette française. En insistant sur la solidité de la signature du pays, le ministre cherche à rassurer les investisseurs dont dépend le financement de l'État, à un moment où chaque hausse de taux se traduit par une facture plus lourde pour les finances publiques.


La crédibilité de la trajectoire budgétaire sera déterminante dans les mois à venir. Si la demande pour les titres français reste solide, la hausse du coût de la dette rappelle que la marge de manœuvre de l'État se réduit, et que l'exécution du budget 2027 sera suivie de près par les marchés.