Les institutions financières européennes approchent d'une échéance importante qui pourrait changer la façon dont se dénouent les transactions sur titres : dans l'Union européenne et au Royaume-Uni, banques et sociétés d'investissement se préparent à raccourcir le cycle de règlement standard de deux jours ouvrés à un seul.


Ce passage au T+1 est prévu pour le 11 octobre 2027. À environ un an de l'échéance, les établissements doivent prouver que leurs systèmes, leurs équipes et leurs procédures seront prêts. Selon les spécialistes, il ne suffira pas de moderniser la technologie : il faudra aussi repenser la gestion de la liquidité, la coordination des transactions et la réponse aux risques opérationnels.


<h3>Que signifie concrètement le T+1 ?</h3>


Quand un investisseur achète ou vend des titres, la transaction n'est pas forcément finalisée tout de suite : l'accord est immédiat, mais l'échange effectif des titres et de l'argent intervient plus tard. Avec le système actuel T+2, le règlement a lieu deux jours ouvrés après la transaction ; avec le T+1, ce délai passe à un jour. Une opération conclue un lundi serait ainsi réglée le mardi plutôt que le mercredi, hors jours fériés.


Raccourcir ce délai réduit la période pendant laquelle acheteurs et vendeurs restent exposés aux risques liés au règlement, mais laisse aussi beaucoup moins de temps pour repérer les erreurs et régler les problèmes en suspens.


<h3>Pourquoi les banques doivent s'y préparer dès maintenant</h3>


La transition implique de profonds changements dans les opérations quotidiennes : confirmations de transactions, instructions de règlement et enregistrements doivent être traités rapidement et sans erreur. Rollo Burgess, associé du cabinet de conseil en management et technologie Capco, insiste sur l'automatisation de ces procédures, en priorité pour accélérer les confirmations et mieux gérer et diffuser les informations de règlement.


Une étape réglementaire importante approche en décembre 2026, ce qui rend ces préparatifs encore plus urgents. Si de nombreux grands courtiers ont progressé, il reste beaucoup à faire dans l'ensemble du secteur.


<h3>Les coûts cachés d'un règlement plus rapide</h3>


Le passage au T+1 pourrait créer de nouvelles pressions financières : les établissements auront moins de temps pour réunir les liquidités et les titres nécessaires, et certains devront emprunter plus souvent des fonds ou des titres pour honorer leurs obligations, ce qui pourrait alourdir les coûts et réduire les marges. Les banques doivent donc revoir leurs stratégies de financement en parallèle des améliorations technologiques : la réussite dépendra autant de la gestion des conséquences financières que des changements opérationnels.


<h3>La technologie peut faire la différence</h3>


L'automatisation devrait jouer un rôle central. Les institutions s'appuient de plus en plus sur des systèmes numériques pour vérifier les transactions, repérer les anomalies et coordonner les instructions de règlement, et l'intelligence artificielle pourrait à terme améliorer ces processus en aidant à analyser les informations et à détecter les problèmes. Mais ces technologies exigent des investissements, des spécialistes et l'attention de la direction : les banques déjà engagées dans de vastes transformations numériques pourraient avoir du mal à consacrer assez de ressources au T+1.


<h3>Vers un règlement encore plus rapide ?</h3>


Certains spécialistes estiment que le secteur devrait se préparer à aller plus loin. Marius Jurgilas, directeur général d'Axiology, fournisseur d'infrastructures de titres numériques, suggère d'explorer le règlement T+0, le jour même. Autre piste : le règlement atomique, où l'échange des titres et du paiement se fait simultanément en une seule opération coordonnée. La technologie des registres distribués pourrait soutenir ces dispositifs dans des cadres réglementés adaptés, mais leur généralisation exigerait une coopération accrue entre institutions et régulateurs.


<h3>Et maintenant ?</h3>


Les prochains mois seront décisifs pour les banques, les sociétés d'investissement et les infrastructures de marché, qui devront tester leurs systèmes, corriger leurs faiblesses et démontrer leurs progrès avant octobre 2027. Si des cycles de règlement plus courts peuvent améliorer l'efficacité et réduire certains risques, les bénéfices dépendront d'une préparation soignée. Pour les marchés financiers européens, le T+1 marque une étape importante vers une négociation de titres plus rapide et plus technologique.