Octobre 2026 a apporté une série de changements importants pour le secteur du transport routier en Europe. Des nouveaux systèmes de péage aux documents électroniques, les transporteurs de marchandises font face à de nouvelles obligations qui pourraient affecter les délais de livraison, les coûts d'exploitation et la gestion administrative quotidienne.
Ces changements sont particulièrement importants pour les transporteurs qui travaillent dans plusieurs pays. Si certaines exigences concernent des trajets nationaux précis, d'autres portent sur les envois internationaux et les informations que les transporteurs doivent fournir avant de passer une frontière.
<h3>La Roumanie lance un nouveau système de péage</h3>
L'un des plus grands changements concerne le système roumain TollRo, dont la mise en place était prévue le 1er octobre 2026.
Le nouveau dispositif remplace l'ancienne vignette à durée pour les véhicules de marchandises de plus de 3,5 tonnes. Au lieu de payer l'accès aux routes pour une période fixe, les transporteurs sont facturés selon la distance parcourue.
Les caractéristiques du véhicule, sa classe d'émissions et la catégorie de route influencent aussi le montant à payer.
Les préparatifs ont toutefois inquiété les entreprises de transport. Des représentants du secteur ont signalé des problèmes techniques, notamment des montants différents pour des itinéraires identiques et des difficultés à saisir les informations des véhicules.
Des propositions visant à suspendre certaines sanctions pendant une période de transition étaient à l'étude, mais les transporteurs ont été prévenus de ne pas considérer ces exemptions comme acquises.
<h3>L'Espagne dématérialise les documents de transport</h3>
L'Espagne a instauré à partir du 5 octobre une obligation de documentation numérique pour le transport routier de marchandises national et les opérations de cabotage.
Le document de contrôle administratif, appelé DeCA, doit être généré électroniquement au format PDF, avec un QR code relié à un fichier stocké de façon sécurisée.
Les chauffeurs doivent recevoir le document avant le départ et pouvoir le présenter lors des contrôles routiers, sous forme électronique ou papier.
Les entreprises de transport doivent conserver ces documents au moins un an.
Point important : cette obligation ne s'applique pas automatiquement aux trajets internationaux du seul fait qu'ils commencent, se terminent ou passent par l'Espagne.
<h3>Le Royaume-Uni renforce les contrôles aux frontières</h3>
Les transporteurs qui acheminent des marchandises vers le Royaume-Uni font aussi face à un examen plus strict des déclarations sommaires d'entrée.
Ces déclarations ne sont pas nouvelles. Mais une période de correction a pris fin le 30 septembre : les erreurs repérées à partir d'octobre peuvent donc entraîner des mesures d'application.
Une attention particulière est portée aux informations d'identification des véhicules.
Pour les traversées accompagnées en ferry et via Eurotunnel, les déclarations doivent indiquer le bon numéro d'immatriculation du véhicule. Utiliser le numéro d'une remorque ou une description générique peut poser problème.
Les trajets non accompagnés en ferry exigent le numéro d'identification OMI du navire.
Les entreprises doivent veiller à l'exactitude de leurs informations douanières, en particulier quand l'organisation du transport change avant l'arrivée.
<h3>La Pologne ajoute des obligations de cybersécurité</h3>
Une autre échéance concernait certaines entreprises polonaises soumises à la loi transposant le cadre européen de cybersécurité NIS2.
Les organisations concernées avaient jusqu'au 3 octobre pour demander leur enregistrement dans le système national de cybersécurité.
Ces règles ne s'appliquent pas automatiquement à toutes les entreprises de transport routier. Elles visent spécifiquement certains acteurs, dont les gestionnaires d'infrastructures routières et les fournisseurs de systèmes de transport intelligents.
Les entreprises de logistique pourraient néanmoins faire face à de nouvelles attentes de la part de clients réglementés en matière de protection des données, de sécurité des logiciels et de risques dans la chaîne d'approvisionnement.
<h3>Ce que les transporteurs doivent vérifier</h3>
Ces évolutions soulignent l'importance de maintenir à jour les systèmes administratifs.
Les transporteurs doivent revoir les péages propres à chaque pays, confirmer quels trajets nécessitent des documents électroniques et vérifier que leurs déclarations aux frontières contiennent des informations exactes sur les véhicules.
La formation du personnel est tout aussi importante. Un chauffeur qui ne connaît pas une nouvelle obligation pourrait subir des retards, même si les documents nécessaires existent.
Les entreprises doivent aussi vérifier les derniers avis de mise en œuvre, en particulier lorsque des problèmes techniques ou des dispositions transitoires ont modifié l'application des règles.
<h3>Un transport de plus en plus numérique</h3>
Le secteur européen du fret dépend de plus en plus des documents électroniques, de la tarification au kilomètre et d'un partage d'informations précis.
Même si ces changements peuvent alourdir la charge administrative au début, ils reflètent une évolution plus large vers des systèmes de transport plus connectés. Pour les transporteurs, une préparation soigneuse reste essentielle pour éviter des coûts et des perturbations inutiles.