Faute de plaque à l'avant, de nombreux motards pensent pouvoir passer entre les mailles des voitures-radars. Lorsqu'ils croisent une berline banalisée sur une route nationale ou départementale, beaucoup se demandent si ce véhicule peut réellement leur valoir une amende.


Un lecteur du magazine Auto Plus a posé la question à la rédaction. La réponse est plus subtile qu'un simple oui ou non : tout dépend de la position de la moto par rapport au véhicule de contrôle et du type de radar rencontré.


<h3>Un radar embarqué dans une voiture banalisée</h3>


Les voitures-radars ressemblent à des véhicules ordinaires, mais elles embarquent un appareil de mesure de la vitesse et une caméra. Le radar calcule la vitesse des véhicules qui s'approchent ou s'éloignent, et la caméra photographie automatiquement ceux qui roulent trop vite. D'après la Sécurité routière, environ 433 voitures de ce type étaient en service au 1er janvier 2026, la plupart conduites par des sociétés privées.


Lorsque le radar mesure en roulant, une marge technique est appliquée : 10 km/h pour les vitesses inférieures à 100 km/h, puis 10 % au-delà.


<h3>Croiser ou dépasser : deux cas très différents</h3>


Quand une moto arrive en sens inverse, l'appareil peut mesurer sa vitesse, mais la photo ne montre que l'avant du deux-roues et le casque du pilote. Sans plaque visible, impossible d'identifier le propriétaire, et donc d'envoyer un avis de contravention.


La situation change complètement si la moto double la voiture-radar dans le même sens de circulation. Le système photographie alors l'arrière du véhicule, et la plaque se retrouve dans le champ de la caméra. Le cliché part au Centre national de traitement de Rennes, où la lecture automatique des plaques permet de retrouver le titulaire du certificat d'immatriculation. C'est lui qui devra payer l'amende, même si le pilote casqué n'est pas reconnaissable.


<h3>Les autres radars ne laissent pas de faille</h3>


Cette limite ne concerne que les appareils qui photographient uniquement de face. Les radars dits discriminants, ces bornes noires installées le long de nombreuses voies rapides, prennent une photo à l'avant puis à l'arrière de chaque véhicule en excès de vitesse. Les radars double face et les radars tourelles récents fonctionnent sur le même principe et peuvent surveiller plusieurs voies dans les deux sens.


<h3>Une impunité très limitée</h3>


En pratique, la seule situation où une moto échappe à la verbalisation par une voiture-radar est celle où elle se contente de la croiser. Dès qu'elle la dépasse, ou qu'elle passe devant un radar capable de flasher par l'arrière, l'absence de plaque avant ne protège plus de rien. Le plus sûr reste donc de respecter les limitations de vitesse, quel que soit le radar rencontré.