Longtemps, une idée a collé à la voiture électrique : une fois d'occasion, elle serait difficile à revendre. Les derniers chiffres du marché français racontent pourtant une tout autre histoire.


Selon le baromètre trimestriel publié par Mobilians, l'Avere-France et AAA Data, les professionnels ont mis moins de temps à écouler leurs électriques que leurs modèles essence et diesel au troisième trimestre 2026. Une première, qui illustre la transformation rapide du marché de la seconde main.


<h3>Deux semaines d'avance sur le thermique</h3>


Entre juillet et septembre, une électrique d'occasion est restée en moyenne 134 jours en stock chez un professionnel avant d'être vendue, contre 147 jours pour une voiture thermique. Surtout, les courbes vont en sens inverse : le délai des électriques ne cesse de baisser, de 161 jours fin 2025 à 138 jours au printemps 2026, tandis que celui des thermiques s'allonge.


Ces données ne concernent que les stocks des professionnels et ne disent rien des ventes entre particuliers. L'offre continue néanmoins de grossir : environ 61 600 électriques d'occasion attendaient un acheteur chez les vendeurs, soit 9 % de leur stock total, en hausse de 5 % sur un trimestre.


<h3>Les SUV et les citadines en tête</h3>


Toutes les électriques ne partent pas au même rythme. Les citadines ont vu leur délai moyen passer de 138 à 117 jours en un trimestre. Les SUV électriques font encore mieux, avec 83 jours en moyenne contre 141 pour les SUV thermiques. Le Tesla Model Y profite notamment des baisses de prix appliquées au modèle neuf depuis le début de l'année.


Côté rapidité, l'ancienne Renault Twingo électrique se distingue : 60 % de ses ventes se sont conclues en moins de trois mois, devant la Mini électrique (57 %) et la Renault Mégane E-Tech (52 %). En volume, la Peugeot e-208 reste la plus vendue, avec 1 820 exemplaires.


<h3>Un marché en forte croissance sur un an</h3>


Au total, 61 349 électriques d'occasion ont changé de main au troisième trimestre. C'est 15 % de moins qu'au trimestre précédent, dopé par la flambée des prix des carburants, mais 40 % de plus qu'un an plus tôt.


<h3>Neuf ou occasion, un écart qui se resserre</h3>


Côté prix, le calcul mérite réflexion. Une électrique neuve coûte en moyenne 35 543 euros aides déduites, contre 33 672 euros pour une occasion de moins de trois ans : à peine 5 % d'écart, ce qui peut pousser certains acheteurs vers le neuf. Les modèles plus âgés gardent en revanche un net avantage, avec un prix moyen de 23 384 euros tous âges confondus. L'occasion reste ainsi une porte d'entrée essentielle pour démocratiser la voiture électrique.