Les classifications d'âge des jeux vidéo peuvent influencer les choix des familles et la façon dont les joueurs comprennent les fonctionnalités d'un jeu. Aujourd'hui, certains jeux numériques bien connus reçoivent une classification d'âge plus élevée, même si leur contenu n'a pas forcément changé.
En cause : une nouvelle approche des récompenses aléatoires payantes, dont les loot boxes, qui offrent aux joueurs des objets virtuels sans révéler exactement ce qu'ils recevront avant de payer.
<h3>Pourquoi des jeux existants changent de classification</h3>
Le système Pan European Game Information, plus connu sous le nom de PEGI, a commencé à mettre à jour la classification de certains jeux uniquement disponibles en version numérique qui proposent des objets aléatoires payants. Les titres auparavant classés PEGI 3, PEGI 7 ou PEGI 12 passent à PEGI 16 lorsqu'ils remplissent les nouveaux critères.
Cette opération est menée par la Games Rating Authority (GRA), qui gère PEGI au Royaume-Uni. Connor Hinde, responsable des politiques au sein de l'organisme, a confirmé que la mise à jour des jeux numériques existants avait commencé, avec d'autres changements prévus tout au long d'octobre 2026.
La nouvelle classification associe la recommandation d'âge à un descripteur signalant la présence d'objets aléatoires payants. Les joueurs et les familles disposent ainsi d'une information plus directe sur une fonctionnalité qui n'apparaît pas toujours clairement dans la description générale d'un jeu. Point important : tous les jeux ne voient pas leur classification relevée. La mise à jour vise les titres dématérialisés concernés qui portaient l'une des trois classifications PEGI les plus basses.
<h3>Comprendre les objets aléatoires payants</h3>
Les loot boxes sont des paquets virtuels qui contiennent une sélection de récompenses numériques possibles : objets décoratifs, contenus liés aux personnages ou autres ajouts au jeu. Leur caractéristique principale est l'incertitude : le joueur ne sait pas précisément quel objet il recevra avant d'ouvrir le paquet.
Certains jeux permettent d'obtenir ces récompenses en jouant normalement, d'autres proposent de les acheter avec de l'argent réel ou une monnaie virtuelle. Selon les nouveaux critères de PEGI, la présence d'objets aléatoires payants peut influer sur l'âge minimum recommandé d'un jeu. La distinction est importante, car acheter un objet connu diffère de payer pour avoir une chance d'obtenir un objet parmi plusieurs possibilités. Un joueur peut connaître le prix d'un paquet sans savoir s'il contient la récompense qu'il souhaite.
<h3>Une mise à jour plus large des critères</h3>
Ces changements font suite à l'introduction par PEGI de critères de classification élargis en juin 2026. Le nouveau cadre tient compte de plusieurs fonctionnalités qui façonnent l'interaction des joueurs avec les jeux numériques, au lieu de s'en tenir aux catégories de contenu traditionnelles.
Ces critères couvrent les objets aléatoires payants, certaines offres d'achat, les mécanismes qui incitent à revenir régulièrement dans un jeu et les fonctions de communication en ligne. Chaque catégorie a ses propres conditions et peut peser différemment sur la classification finale.
Par exemple, les offres d'achat limitées dans le temps ou en quantité peuvent influencer la classification d'un jeu, tandis que les fonctionnalités qui encouragent les connexions régulières sont évaluées selon leur fonctionnement. Les systèmes qui pénalisent les joueurs absents sont traités différemment de ceux qui offrent simplement des récompenses au retour.
Cette approche plus large tient compte du fait que la conception d'un jeu peut influencer l'expérience du joueur au-delà de son contenu visuel ou de son scénario. Les fonctionnalités liées aux dépenses, à l'engagement récurrent et à la communication peuvent aussi compter pour déterminer un âge recommandé adapté.
<h3>Ce que cela change pour joueurs et éditeurs</h3>
Pour les joueurs et les familles, les nouvelles étiquettes apportent un élément supplémentaire à prendre en compte avant de choisir un jeu. Un titre auparavant classé pour un jeune âge peut désormais afficher une recommandation plus élevée et une mention claire indiquant la présence de récompenses aléatoires payantes.
Une étiquette mise à jour ne signifie pas forcément que le jeu a reçu du nouveau contenu ou que l'expérience a soudainement changé. Dans bien des cas, la modification reflète l'application de critères plus récents à un titre évalué selon un ancien système.
Pour les éditeurs et les développeurs, l'opération représente un travail concret. Les fiches des boutiques en ligne et autres supports affichant la classification devront peut-être être mis à jour. Les entreprises concernées doivent aussi vérifier les informations affichées sur toutes les boutiques numériques où leurs jeux sont disponibles.
La reclassification s'applique aux jeux évalués soit selon la procédure traditionnelle de PEGI, soit via le système de l'International Age Rating Coalition (IARC), utilisé par les plateformes numériques participantes. Le mode d'obtention de la classification d'origine n'exempte donc pas automatiquement un titre concerné.
Cette démarche montre que les classifications d'âge peuvent être revues à mesure que les critères évoluent. Pour les familles, regarder à la fois le chiffre de l'âge et le descripteur qui l'accompagne donne une idée plus claire du contenu d'un jeu. Pour les développeurs, tenir à jour les informations des boutiques sera essentiel pour s'adapter au nouveau cadre.