Le régime méditerranéen suscite depuis longtemps l'intérêt des scientifiques pour son lien avec la santé cardiovasculaire, de meilleures fonctions cognitives et un vieillissement en bonne santé.


Des chercheurs de l'université de Californie du Sud (USC) ont aujourd'hui mis au jour une explication possible à certains de ces bienfaits : deux minuscules protéines produites par les mitochondries, les structures cellulaires qui fournissent une grande partie de l'énergie nécessaire à l'activité biologique quotidienne.


<h3>Comment le régime méditerranéen agit sur les cellules</h3>


Le régime méditerranéen met l'accent sur une grande variété de légumes, de fruits, de légumineuses, de poissons, de céréales complètes, de fruits à coque et d'huile d'olive. Plutôt que de reposer sur des interdits stricts, ce mode d'alimentation privilégie des ingrédients nutritifs et des repas équilibrés, tout en limitant généralement les produits très transformés et les glucides raffinés.


Des recherches antérieures ont associé ce modèle alimentaire à une meilleure santé cardiovasculaire et à un risque plus faible de plusieurs maladies chroniques. L'étude de l'USC a cherché à savoir si ces bienfaits impliquaient aussi des changements au niveau moléculaire.


Les chercheurs ont analysé des échantillons sanguins de participants âgés et comparé leurs taux de microprotéines à leur adhésion au régime méditerranéen. Ceux qui le suivaient le plus fidèlement présentaient des concentrations plus élevées d'humanine et de SHMOOSE. Ils affichaient aussi des marqueurs plus faibles de stress oxydatif, un phénomène où des molécules réactives peuvent endommager les composants des cellules quand les défenses protectrices sont dépassées.


<h3>Humanine et SHMOOSE, de petites protéines prometteuses</h3>


Les mitochondries sont surtout connues pour fournir de l'énergie, mais leur rôle s'étend à la régulation du métabolisme et à l'aide aux cellules face au stress. Les scientifiques reconnaissent de plus en plus que ces structures produisent aussi de petites protéines susceptibles d'influencer la santé au-delà de la production d'énergie.


L'humanine, identifiée par des chercheurs en 2003, a été associée dans de précédentes études à la sensibilité à l'insuline, à la santé cardiovasculaire et à la protection contre certaines formes de dommages cellulaires. Les nouveaux résultats suggèrent que les habitudes alimentaires pourraient être liées à la quantité de cette protéine circulant dans le sang.


La SHMOOSE attire l'attention pour son rôle potentiel dans la santé du cerveau. Des recherches antérieures ont relié un variant génétique de cette protéine au risque de maladie d'Alzheimer, tandis que des travaux en laboratoire suggèrent que sa forme habituelle pourrait aider à protéger les cellules nerveuses contre certains types de dommages.


<h3>Huile d'olive, poisson et légumineuses en vedette</h3>


L'étude a aussi mis en évidence des liens entre certains aliments et chaque microprotéine. Une consommation plus importante d'huile d'olive, de poisson et de légumineuses était associée à des taux d'humanine plus élevés. La consommation d'huile d'olive et un apport plus faible en glucides raffinés étaient associés à des taux de SHMOOSE plus élevés.


Ces résultats confirment l'intérêt de considérer l'alimentation dans son ensemble plutôt que de chercher un ingrédient miracle. L'huile d'olive apporte surtout des acides gras insaturés, le poisson fournit des protéines et, selon les espèces, des oméga-3, tandis que les légumineuses apportent des fibres, des protéines végétales et des micronutriments importants.


Parmi les changements pratiques : ajouter des haricots ou des lentilles aux soupes, manger régulièrement du poisson, intégrer des légumes aux plats principaux et remplacer certains produits à base de céréales raffinées par des versions complètes. Ces ajustements rendent l'alimentation méditerranéenne plus accessible sans bouleverser entièrement ses habitudes.


<h3>L'avis d'un expert</h3>


Pinchas Cohen, auteur principal de l'étude et doyen de la USC Leonard Davis School of Gerontology, a souligné la portée plus large de ces petites protéines. Dans le communiqué de l'université relayé par ScienceDaily, il explique que ces peptides apparaissent comme des régulateurs clés de la biologie du vieillissement.


Les travaux de l'USC ajoutent une perspective moléculaire intrigante à l'intérêt scientifique déjà bien établi pour l'alimentation méditerranéenne. Les taux plus élevés d'humanine et de SHMOOSE chez les participants âgés qui suivaient le plus ce régime suggèrent que la nutrition pourrait être liée à des processus cellulaires impliqués dans le vieillissement.


Même si ces résultats ne prouvent pas de lien de cause à effet, ils offrent une base utile pour de futures recherches sur la nutrition personnalisée et le bien-être à long terme. Pour l'instant, une alimentation variée fondée sur les légumes, les fruits, les légumineuses, le poisson, les céréales complètes et l'huile d'olive reste une approche pratique pour soutenir la santé globale, pendant que les scientifiques continuent d'étudier comment ses bienfaits s'étendent jusqu'aux plus petits composants de la biologie cellulaire.