La culture des fraises pourrait devenir nettement plus productive grâce à un textile protecteur innovant mis au point par des chercheurs de l'université d'État de Caroline du Nord. Lors d'essais en plein champ, ce matériau a multiplié les rendements jusqu'à 3,56 fois par rapport aux plants non couverts. Étonnamment, il laissait aussi passer suffisamment de soleil, de pluie et d'air jusqu'aux cultures.
Ces résultats, publiés en octobre 2026 dans la revue scientifique Agriculture, suggèrent que des textiles spécialisés pourraient offrir aux agriculteurs un nouveau moyen d'améliorer leur production, tout en réduisant potentiellement l'usage de pesticides.
<h3>Comment fonctionne ce tissu protecteur</h3>
Cette technologie, baptisée Plant Guard, ressemble à une couverture légère posée directement sur les plants de fraisiers.
Contrairement aux protections classiques, elle présente une structure tricotée en trois dimensions conçue pour empêcher les insectes d'atteindre les feuilles et les fruits.
Ses couches poreuses laissent circuler l'air et l'humidité tout en maintenant des conditions de culture favorables.
Les chercheurs craignaient au départ que le matériau bloque trop de lumière, poussant les plants à produire davantage de feuilles et de tiges au détriment des fraises.
Les essais ont toutefois montré que la lumière disponible n'était pas affectée.
Les plants protégés se sont développés normalement et ont produit nettement plus de fruits que ceux cultivés sans couverture.
<h3>Des récoltes en forte hausse</h3>
Les scientifiques ont évalué le textile sur trois saisons de culture, en observant le développement des plants, les conditions environnementales et la production de fruits.
Le résultat le plus frappant est la forte hausse des rendements.
Lors des essais sous tunnel, les plants couverts ont produit jusqu'à 3,56 fois plus de fruits que les plants non couverts.
Les chercheurs ont aussi constaté que le matériau maintenait un taux d'humidité adapté et créait un effet de réchauffement constant.
Cette chaleur supplémentaire a permis aux fraisiers d'atteindre plus tôt des stades de développement importants.
Les plantes ont besoin d'accumuler de la chaleur pour passer par la croissance, la floraison et la fructification. En offrant des températures favorables, le tissu semble avoir favorisé des récoltes plus précoces et plus abondantes.
<h3>Une découverte scientifique inattendue</h3>
Ce textile protecteur a une origine insolite. Son développement est parti de recherches sur des uniformes de protection, et non sur l'agriculture.
Les scientifiques cherchaient à empêcher les moustiques de piquer à travers ces vêtements tout en améliorant le confort sous l'équipement de protection.
Ces mêmes principes ont ensuite inspiré un tissu capable de protéger des cultures fragiles.
Le professeur R. Michael Roe, l'un des coauteurs de l'étude, a souligné comment la collaboration entre disciplines a permis de transformer une expérience textile sans lien apparent en une innovation agricole prometteuse.
Le projet a réuni des spécialistes du textile, des ressources naturelles et des sciences agricoles.
<h3>Moins de pesticides pour les agriculteurs ?</h3>
Les insectes représentent un défi permanent pour les producteurs de fraises : ils abîment les cultures et peuvent réduire la qualité des récoltes.
Comme le nouveau matériau forme une barrière physique, il pourrait aider les agriculteurs à moins dépendre des traitements chimiques.
Les chercheurs estiment aussi que cette couverture pourrait permettre d'économiser de l'eau.
D'autres études sont toutefois nécessaires pour vérifier si ces avantages potentiels se traduisent par une baisse régulière des traitements et des besoins en irrigation dans des exploitations commerciales.
<h3>Et maintenant ?</h3>
Même si les résultats sont encourageants, les essais ne prouvent pas que toutes les exploitations de fraises obtiendraient les mêmes gains de rendement.
Les performances peuvent varier selon le climat, les méthodes de culture, les variétés de fraises et les conditions locales.
La technologie devra aussi démontrer son intérêt pratique dans des exploitations commerciales plus grandes.
Cette recherche montre néanmoins comment les progrès des matériaux agricoles pourraient aider les producteurs à produire davantage tout en protégeant des plantes vulnérables.
Si de futurs essais confirment ses bénéfices, ce textile insolite pourrait devenir un outil précieux pour la culture des fraises et inspirer des innovations similaires pour d'autres cultures.