Gérer le stress ne se résume pas à garder son calme quand une situation difficile survient. Les habitudes du quotidien, comme prendre régulièrement un petit-déjeuner, dormir suffisamment et rester actif, pourraient être liées à la capacité de l’esprit à s’adapter aux difficultés.
Des travaux de l’Université de Binghamton suggèrent que ces habitudes sont liées à la flexibilité psychologique, une compétence qui aide à ajuster ses pensées et ses actions quand les circonstances se compliquent.
<h3>Comprendre la flexibilité psychologique</h3>
La flexibilité psychologique désigne la capacité à réagir de manière constructive lorsque les circonstances, les émotions ou les attentes changent. Au lieu de rester piégée dans une façon de penser peu utile, une personne psychologiquement flexible peut reconnaître ses réactions émotionnelles, reconsidérer la situation et choisir une réponse adaptée.
Cette compétence ne consiste pas à éviter les émotions désagréables ni à faire comme si les problèmes n’avaient pas d’importance. Il s’agit plutôt d’accepter l’inconfort tout en restant capable de prendre des décisions concrètes. Par exemple, un retard imprévu peut provoquer de la frustration, mais une pensée flexible permet de se tourner vers les alternatives disponibles. Le problème reste gênant, mais la réaction devient plus facile à gérer.
<h3>Ce que les chercheurs ont découvert</h3>
L’équipe a recueilli les réponses anonymes d’environ 400 étudiants à un questionnaire. Les participants ont fourni des informations sur leur alimentation, leur sommeil, leur activité physique et d’autres aspects de leur mode de vie. Les chercheurs ont ensuite examiné le lien entre ces habitudes, la flexibilité psychologique et la résilience.
Les étudiants déclarant prendre un petit-déjeuner au moins cinq fois par semaine avaient tendance à montrer une plus grande résilience, la flexibilité psychologique expliquant en partie ce lien. Ceux qui déclaraient une activité physique régulière obtenaient aussi de meilleurs scores de flexibilité psychologique. Le sommeil était un autre facteur important : les étudiants dormant moins de six heures faisaient généralement état d’une résilience et d’une flexibilité psychologique plus faibles que ceux qui avaient un sommeil plus sain.
<h3>L’avis de l’experte</h3>
Lina Begdache, professeure associée en santé et bien-être à l’Université de Binghamton et autrice principale de l’étude, explique le rôle de la flexibilité psychologique face au stress du quotidien : « Quand nous sommes stressés, nous avons l’impression de ne faire qu’un avec le stress. Nous vivons le stress. Mais la flexibilité psychologique, c’est prendre du recul et se dire : je ressens cela à cause de ceci, que puis-je faire ? Identifier ses émotions aide parfois à trouver la solution. »
<h3>Pourquoi le petit-déjeuner pourrait compter</h3>
Le petit-déjeuner permet de refaire le plein d’énergie après le jeûne de la nuit. Un repas du matin équilibré peut inclure des sources de protéines, des glucides riches en fibres, des fruits et d’autres aliments riches en nutriments. L’étude n’a pas testé si une composition particulière du petit-déjeuner améliorait la résilience. Elle a plutôt constaté que prendre régulièrement un petit-déjeuner était associé à une plus grande flexibilité psychologique et à une meilleure résilience chez les étudiants interrogés.
<h3>Le sommeil et l’activité physique jouent aussi un rôle</h3>
Un sommeil suffisant soutient l’attention, la régulation des émotions, la mémoire et la prise de décision. Un repos insuffisant peut rendre les exigences du quotidien plus pesantes et réduire les ressources mentales disponibles pour réagir calmement aux difficultés. L’activité physique peut offrir des bénéfices complémentaires : marche, vélo, natation et autres formes de mouvement peuvent favoriser la qualité du sommeil et le bien-être général.
Ces travaux menés auprès d’environ 400 étudiants montrent qu’un petit-déjeuner régulier, un sommeil suffisant et une activité physique sont associés à une plus grande flexibilité psychologique et à une meilleure résilience. Cette compétence mentale peut aider à reconnaître ses réactions émotionnelles et à faire face plus efficacement aux difficultés.