Les automobilistes français aiment leurs marques nationales, mais cet attachement a ses limites. C’est l’un des enseignements de l’Observatoire Cetelem de l’automobile, publié début octobre 2026 : quand le budget est serré, c’est le prix qui décide.


Menée en juin 2026 auprès de 15 770 personnes dans 13 pays, dont 3 151 en France, l’étude dessine un marché où la fidélité reste forte, mais où la porte s’ouvre largement aux constructeurs capables de proposer des voitures moins chères, à commencer par les marques chinoises.


<h3>Des conducteurs plutôt fidèles</h3>


La fidélité est bien réelle : 60 % des Français ont déjà racheté une voiture de la même marque, et 69 % envisagent de ne pas en changer pour leur prochain véhicule. Près d’un sur deux (48 %) dit privilégier les marques nationales. Les pouvoirs publics y contribuent aussi, puisque les aides à l’achat excluent de fait les modèles chinois.


La France reste toutefois loin du Japon, champion de l’attachement national (83 %), devant l’Allemagne (53 %), la Chine (52 %) et les États-Unis (51 %).


<h3>Le portefeuille a le dernier mot</h3>


Les Français figurent parmi les automobilistes les plus sensibles au prix. Pour la moitié d’entre eux, c’est le premier critère lors de l’achat d’une voiture neuve, devant la sécurité et la fiabilité. Surtout, 71 % ont déjà renoncé à une marque parce que ses modèles étaient trop chers.


Le « bonus patriotique » reste modeste : l’effort accepté pour une voiture fabriquée en France tourne autour de 5 % du prix d’un modèle étranger équivalent, et 40 % des acheteurs de neuf tolèrent au mieux un surcoût de 5 à 10 %. Au-delà, la plupart se tournent vers l’offre la moins chère.


<h3>Une aubaine pour les marques chinoises</h3>


Dans ce contexte, les nouveaux venus ont une carte à jouer. Selon l’étude, 37 % des Français se disent prêts à acheter une voiture d’un constructeur chinois. Les marques chinoises ont d’ailleurs atteint 8 % de parts de marché en France en septembre, portées notamment par des modèles électriques plus abordables que leurs rivaux européens.


Beaucoup d’automobilistes ignorent d’ailleurs l’origine des groupes : MG et Volvo, par exemple, appartiennent aujourd’hui à des entreprises chinoises.


<h3>Un défi pour les constructeurs européens</h3>


Avec la hausse des carburants et des coûts d’usage, 60 % des sondés envisagent une voiture électrique ou hybride pour leur prochain achat. Un virage qui profite aux marques capables d’afficher des prix serrés.


Pour les constructeurs français et européens, le message est clair : la fidélité des clients est un atout, mais elle ne suffira pas si l’écart de prix se creuse. Dans un contexte de pouvoir d’achat sous tension, la bataille se jouera d’abord sur l’étiquette.