L’Europe entre dans une nouvelle phase du développement des transports autonomes. De Madrid à Munich, de Zurich à Zagreb, plusieurs villes se préparent à accueillir des véhicules capables de circuler avec peu ou pas d’intervention humaine.
De récentes autorisations réglementaires et des projets pilotes montrent que la conduite autonome sort peu à peu des centres d’essai pour gagner la voie publique. Même si les transports entièrement autonomes ne sont pas encore largement disponibles, les avancées de 2026 témoignent d’une confiance croissante dans leur potentiel pour la mobilité, la logistique et la sécurité routière.
<h3>Madrid se prépare aux taxis autonomes</h3>
L’Espagne fait partie des pays européens qui multiplient les essais de services de transport de passagers sans chauffeur. Les autorités de la région de Madrid ont autorisé Uber, WeRide et AVOMO à cartographier et tester des itinéraires pour véhicules autonomes. Les premiers trajets avec passagers sont attendus d’ici fin 2026, sous réserve de la réussite des tests et des exigences opérationnelles. AVOMO, filiale du groupe espagnol Moove Cars, développe des services de mobilité autonome en Europe et aux États-Unis.
L’initiative madrilène pourrait à terme offrir aux habitants et aux visiteurs une option de transport supplémentaire, même si la disponibilité commerciale et les tarifs n’ont pas encore été confirmés.
<h3>Munich se tourne vers les robotaxis</h3>
L’Allemagne devient elle aussi un marché important pour les transports autonomes. Waymo, l’entreprise de conduite autonome détenue par Alphabet, a annoncé son intention de lancer ses premières activités dans l’Union européenne à Munich d’ici 2027.
L’entreprise exploite déjà des services de passagers autonomes aux États-Unis. Son expansion prévue en Allemagne constitue une nouvelle étape vers l’arrivée des taxis sans chauffeur dans les villes européennes. Opérer dans différents pays exige toutefois d’adapter les véhicules aux conditions routières, aux réglementations et aux habitudes de circulation locales.
<h3>Les navettes d’aéroport entrent dans une nouvelle ère</h3>
La technologie autonome est aussi testée dans les transports aéroportuaires. À l’aéroport de Zurich, WeRide a obtenu l’autorisation de développer des navettes sans chauffeur reliant les terminaux aux avions stationnés sur des postes éloignés. Ces véhicules pourraient à terme aider les aéroports à transporter plus efficacement les passagers dans les zones réservées. La Croatie explore une autre approche.
Les entreprises technologiques Pony.ai et Verne ont annoncé des essais de conduite autonome entre l’aéroport de Zagreb et le quartier d’affaires de la capitale. Verne, issue du constructeur croate de véhicules électriques Rimac, développe des technologies de mobilité autonome avec des partenaires internationaux. Ces essais pourraient préparer de futurs services pour les passagers, mais un déploiement plus large dépend de leur réussite.
<h3>Des camions sans chauffeur sur les routes allemandes</h3>
Les véhicules autonomes ne se limitent pas au transport de passagers. En septembre 2026, l’entreprise technologique suédoise Einride a annoncé l’autorisation d’un projet de camions électriques sans chauffeur en Allemagne. Avec la chaîne de supermarchés Lidl, Einride prévoit d’utiliser ces véhicules pour transporter des marchandises entre entrepôts et magasins.
Le projet a reçu l’autorisation de l’Office fédéral allemand des véhicules à moteur pour une conduite autonome de niveau 4. Cette classification permet à un véhicule de rouler sans contrôle humain permanent dans des conditions d’exploitation définies. Le projet pilote vise à déterminer si les livraisons autonomes peuvent améliorer l’efficacité logistique et atténuer la pénurie de chauffeurs.
<h3>Et la sécurité routière ?</h3>
Selon leurs partisans, les véhicules autonomes pourraient réduire les accidents dus à l’erreur humaine, comme la distraction et la fatigue. Leurs bénéfices en matière de sécurité dépendent toutefois de capteurs, de logiciels et d’infrastructures fiables, ainsi que de conditions d’exploitation adaptées.
Les systèmes de conduite autonome doivent réagir à des situations imprévisibles impliquant piétons, cyclistes, travaux et autres véhicules.
Les autorités exigent donc des tests approfondis avant tout déploiement plus large. Il est aussi important de distinguer les véhicules entièrement autonomes des systèmes d’aide à la conduite, qui nécessitent toujours la supervision d’un conducteur.
<h3>Quelle suite pour l’Europe ?</h3>
L’essor des transports autonomes pourrait transformer les déplacements urbains et les livraisons commerciales dans les années à venir. Beaucoup des projets annoncés restent cependant des essais limités plutôt que des services bien établis. Les questions de sécurité, d’assurance, de responsabilité et d’acceptation par le public doivent encore être examinées avec soin.
Les dernières avancées en Europe suggèrent que la mobilité sans conducteur progresse régulièrement, plusieurs pays prenant des mesures concrètes vers un avenir où les véhicules autonomes deviendront plus familiers sur la voie publique.