Le secteur européen des paiements est en pleine transformation : les fintechs développent des alternatives aux transactions par carte. Un nouvel investissement de 27 millions de dollars dans TrueLayer, basée à Londres, illustre l'intérêt croissant pour les systèmes qui relient directement consommateurs et entreprises par leurs comptes bancaires.


Annoncée en octobre 2026, cette levée de fonds a été menée par l'italien CDP Venture Capital. Elle intervient alors que les institutions européennes cherchent à renforcer les infrastructures financières du continent et à réduire leur dépendance aux réseaux de paiement internationaux.


<h3>Un investissement majeur dans les paiements numériques</h3>


Fondée en 2016 par les entrepreneurs italiens Francesco Simoneschi et Luca Martinetti, TrueLayer est spécialisée dans l'open banking : ses services permettent aux entreprises d'accepter des paiements directement depuis le compte bancaire de leurs clients, en alternative à la carte. Présente dans 22 pays, elle traite les paiements d'environ 30 millions d'utilisateurs, avec des clients comme Ryanair et Just Eat. Ce nouvel investissement doit soutenir l'expansion de son réseau Pay by Bank et renforcer sa place sur le marché européen.


<h3>Comment fonctionne le paiement par virement</h3>


Le Pay by Bank permet de régler ses achats directement via l'application de sa banque : au lieu de saisir ses coordonnées de carte, on choisit sa banque, on s'authentifie de façon sécurisée et on autorise la transaction. Ce système repose sur l'open banking, qui permet à des prestataires réglementés de se connecter aux banques via des interfaces sécurisées.


Pour les entreprises, les paiements bancaires directs peuvent réduire certains frais et simplifier le rapprochement des paiements ; pour les consommateurs, le passage en caisse peut être plus pratique, surtout si leur banque est déjà accessible sur mobile. L'expérience varie toutefois selon les prestataires, et les protections des consommateurs peuvent différer de celles des paiements par carte.


<h3>L'Europe veut plus d'indépendance financière</h3>


Cet investissement s'inscrit dans un débat européen plus large sur le contrôle des infrastructures financières essentielles. Selon le rapport, Visa et Mastercard traitent ensemble environ deux tiers des paiements par carte dans la zone euro, une concentration qui pousse décideurs et institutions à explorer d'autres réseaux. La BCE poursuit ses travaux sur un éventuel euro numérique, tandis que plusieurs acteurs régionaux coopèrent pour améliorer les paiements transfrontaliers, avec un objectif commun : des services de paiement européens plus compétitifs et plus résilients.


<h3>Un réseau d'alternatives qui grandit</h3>


Plusieurs systèmes de paiement établis travaillent déjà à une coopération renforcée, dont Bancomat, Bizum, Wero, Sibs-MB WAY et Vipps MobilePay. Leur collaboration vise à relier ces services par-delà les frontières, pour faciliter les paiements des consommateurs en voyage ou lors d'achats à l'étranger. Plutôt que de créer une toute nouvelle plateforme, il s'agit de connecter des services qui comptent déjà de nombreux utilisateurs dans leur pays, même si les différences d'infrastructures bancaires, de réglementation et d'habitudes restent d'importants obstacles.


<h3>Ce que cela change pour les entreprises</h3>


Pour les commerçants, la technologie de paiement influence les coûts, la satisfaction client et l'efficacité des transactions. Les paiements bancaires directs offrent une option supplémentaire aux côtés des cartes et des portefeuilles numériques, et peuvent aider à diversifier ses prestataires. Leur adoption massive dépendra néanmoins d'infrastructures fiables, de frais transparents et d'une solide protection contre la fraude, ainsi que de la confiance des consommateurs dans la sécurité des transactions et la résolution des problèmes.


<h3>L'avenir des paiements européens</h3>


Cette levée de fonds témoigne de la confiance des investisseurs dans le potentiel commercial de l'open banking, à un moment où les institutions européennes réfléchissent à des systèmes de paiement plus interconnectés et mieux contrôlés localement. Le succès du Pay by Bank dépendra de sa praticité, de sa sécurité, de son acceptation par les commerçants et de la confiance des consommateurs. C'est en tout cas un pas de plus vers un marché des paiements européen plus diversifié, où clients et entreprises pourraient choisir plus librement comment circule leur argent.