L'activité des entreprises de la zone euro s'est nettement renforcée en septembre 2026, signe d'un nouvel élan dans le secteur privé. Une demande en hausse, de meilleures performances dans les services et une amélioration dans l'industrie ont porté un indicateur clé à son plus haut niveau depuis plus de trois ans.
Ces perspectives plus favorables s'accompagnent toutefois d'une complication importante : les pressions inflationnistes se sont intensifiées, notamment avec la hausse des coûts de l'énergie.
<h3>Une forte expansion de l'activité</h3>
L'indice PMI composite S&P Global de la zone euro, qui mesure l'activité dans l'industrie et les services, est passé de 52,0 en août à 53,1 en septembre, son plus haut niveau depuis avril 2023.
Un PMI supérieur à 50 indique une expansion de l'activité, un niveau inférieur une contraction. Le résultat de septembre traduit donc un renforcement du secteur privé plutôt qu'un déclin généralisé. Les services ont largement contribué à cette amélioration : leur PMI est passé de 51,6 en août à 53,0, son plus haut niveau depuis dix mois.
<h3>Services et technologies soutiennent la demande</h3>
L'activité des services a profité d'une demande plus forte dans plusieurs domaines. Les services liés aux technologies ont été soutenus par la poursuite des investissements dans les infrastructures d'intelligence artificielle et les capacités numériques associées. Les dépenses en systèmes informatiques, logiciels et services spécialisés peuvent générer de la demande dans de nombreux secteurs liés, et les entreprises qui investissent dans le numérique peuvent aussi acheter davantage de conseil, de maintenance et d'autres services professionnels.
Ces évolutions montrent comment l'investissement dans un domaine peut soutenir l'activité ailleurs dans l'économie. Les bénéfices ne seront toutefois pas répartis uniformément, car les entreprises sont plus ou moins exposées aux dépenses technologiques et plus ou moins capables d'attirer de nouveaux clients.
Une demande plus forte ne garantit pas non plus une expansion durable : les entreprises doivent continuer à décrocher de nouvelles commandes, maîtriser leurs coûts et préserver leur productivité pour transformer ce regain d'activité en croissance durable du chiffre d'affaires.
<h3>L'industrie montre des signes d'amélioration</h3>
L'industrie a aussi contribué à l'amélioration générale. Une meilleure demande en produits industriels et en biens d'équipement a soutenu la production, même si les résultats restent inégaux selon les secteurs.
Les industriels font face à des pressions contradictoires : des commandes plus fortes encouragent la production et l'investissement, mais la hausse des prix de l'énergie, des coûts de transport et de financement peut réduire les marges. Les entreprises peuvent réagir en améliorant leur efficacité, en renégociant avec leurs fournisseurs ou en ajustant leurs prix, mais celles qui ont peu de pouvoir de fixation des prix auront du mal à répercuter ces hausses sans freiner la demande.
<h3>L'inflation complique les perspectives</h3>
Malgré une activité plus soutenue, l'inflation reste une préoccupation majeure. Selon les chiffres publiés, l'inflation dans la zone euro est passée de 3,2 % en août à 3,8 % en septembre 2026. La hausse des coûts de l'énergie peut peser directement sur l'inflation via les factures des ménages, et indirectement via les coûts de transport, de production et de distribution. Les entreprises confrontées à une hausse persistante de leurs charges pourraient finir par relever leurs prix de vente.
<h3>L'avis d'un expert</h3>
Chris Williamson, chef économiste entreprises chez S&P Global, a commenté l'enquête de septembre dans l'analyse publiée par l'organisme, soulignant que la croissance a atteint son plus haut niveau depuis avril 2023 grâce à une hausse généralisée de la production.
<h3>Quelles conséquences pour la BCE ?</h3>
L'association d'une activité plus forte et d'une inflation plus élevée place la Banque centrale européenne (BCE) face à un défi : une demande soutenue peut freiner le reflux des prix, tandis que des taux plus élevés renchérissent le crédit et finissent par ralentir l'activité.
Les décideurs doivent donc déterminer si l'inflation est temporaire ou en train de s'installer. L'évolution des salaires, des prix des services, des coûts de l'énergie et des anticipations d'inflation sera déterminante pour choisir la réponse monétaire appropriée.
En résumé, l'activité de la zone euro s'est renforcée en septembre 2026, avec un PMI composite à 53,1, son plus haut depuis avril 2023 : les services ont été très dynamiques et l'industrie a aussi contribué à l'amélioration.
La hausse de l'inflation et des charges fait toutefois peser des risques sur la solidité de la reprise. Les entreprises doivent concilier une demande en hausse et des coûts de production plus élevés, tandis que les décideurs doivent maîtriser l'inflation sans freiner inutilement la croissance. Les chiffres de septembre témoignent d'une résilience encourageante, mais la suite dépendra d'une demande durable, d'une bonne gestion des coûts et d'un reflux progressif des pressions inflationnistes.