La rentrée 2026 marque le retour d'une légère hausse des taux de crédit immobilier. Selon l'analyse de Pretto pour septembre, les taux moyens atteignent 3,43 % sur 15 ans, 3,54 % sur 20 ans et 3,61 % sur 25 ans.
Pas de quoi revivre le resserrement du crédit de 2023 pour autant : les banques continuent de prêter, mais réduisent leurs marges de négociation.
<h3>Les taux du mois</h3>
Par rapport à août, les taux moyens progressent d'environ 0,11 à 0,12 point selon la durée. Sur 20 ans, pour un couple aux revenus de 80 000 à 120 000 €, le meilleur taux négocié par Pretto s'établit à 3,35 %, le taux moyen appliqué à 3,44 % et le taux de référence des banques, avant toute négociation, à 3,67 %.
Les écarts restent importants selon les revenus. Sur 20 ans, les emprunteurs gagnant moins de 40 000 € par an obtiennent en moyenne 3,75 %, contre 3,30 % pour ceux qui dépassent 120 000 €. La hausse du mois est aussi plus forte pour les profils modestes (+0,15 point) que pour les plus aisés (+0,05 point).
Sur un an, la tendance est nette : sur 20 ans, le taux moyen est passé de 3,15 % au quatrième trimestre 2025 à 3,54 % en septembre 2026. Pour un emprunt de 200 000 € sur 20 ans à 3,54 %, la mensualité atteint 1 164 € hors assurance, pour un coût total du crédit de 79 360 €.
<h3>L'OAT à 10 ans au-dessus de 4 %</h3>
Principale explication de cette hausse : le taux auquel l'État français emprunte sur dix ans dépasse désormais nettement 4 %, un niveau inédit depuis 2009, après de brèves incursions en mai et en juillet. Les banques ne répercutent pas chaque mouvement, mais la hausse de leur coût de refinancement réduit leurs marges. Les tensions entre l'Iran et les États-Unis et un baril de Brent au-dessus de 90 dollars pèsent sur les marchés, tout comme, dans une moindre mesure, le projet de loi de finances 2027 et la campagne présidentielle.
<h3>La BCE, un indicateur parmi d'autres</h3>
Lors de sa réunion du 10 septembre, la Banque centrale européenne a fixé son taux de dépôt à 2,25 %, son taux de refinancement à 2,40 % et son taux de prêt marginal à 2,65 %. Pour le crédit immobilier, cette décision n'est toutefois qu'un indicateur parmi d'autres : les banques tiennent surtout compte de leur propre coût de financement à moyen et long terme, dont l'OAT est la référence.
<h3>Des remises moins généreuses</h3>
Les banques réduisent les rabais accordés aux meilleurs dossiers par rapport à leurs grilles officielles. La négociation reste possible, mais comparer plusieurs établissements devient plus important. Les écarts régionaux sont aussi marqués : sur 25 ans, les meilleurs taux négociés peuvent varier jusqu'à 0,64 point d'une région à l'autre. L'Île-de-France et les Pays de la Loire sont les plus généreuses pour les bons dossiers, avec des taux autour de 3,12 % sur 25 ans.
<h3>Les primo-accédants toujours courtisés</h3>
Les banques continuent de se disputer les primo-accédants. La Caisse d'Épargne propose un Prêt Primo Jeunes à 0 %, l'offre Booster Mon 1er Toit du Crédit Agricole court jusqu'au 15 octobre 2026, et BNP et CCF restent attractives pour les hauts revenus. Ces offres sont souvent peu mises en avant, d'où l'intérêt de comparer.
Pour Pierre Chapon, président de Pretto, le marché devient plus sélectif plutôt qu'il ne se ferme, et l'écart entre bons dossiers et dossiers moyens pourrait se creuser dans les prochains mois.
D'ici la fin de l'année, Pretto anticipe plutôt un ajustement progressif qu'une flambée, sauf si l'OAT à 10 ans reste durablement bien au-dessus de 4 %. Pour les emprunteurs, l'enjeu est de soigner son dossier, de vérifier son éligibilité aux offres primo-accédants et de comparer plusieurs banques. Un crédit vous engage et doit être remboursé : vérifiez vos capacités de remboursement avant de vous engager.