Le marché français de la voiture neuve est en pleine recomposition. Selon la lettre Intelligence Auto n° 95 d'AAA Data, publiée le 16 septembre 2026, les particuliers reviennent au cœur du marché et représentent désormais plus de la moitié des achats.


Autre changement de fond : l'impact environnemental devient un critère d'achat à part entière, aux côtés de la marque, du modèle, de la puissance et du prix.


<h3>Un mois d'août dynamique</h3>


En août 2026, 94 351 voitures particulières neuves ont été immatriculées, soit une hausse de 7 %. C'est le meilleur mois d'août depuis six ans, hors 2023, avec un jour ouvré de plus qu'en 2025 (21 contre 20). Après un mois de juillet déjà en progression de 9 %, le cumul depuis janvier atteint 1 078 320 unités, en hausse de 3 %.


Les particuliers pèsent 52 % du marché, contre 45 % en août 2025, avec 48 712 voitures (+23 %). Plusieurs facteurs les soutiennent : le nouveau leasing social, le « coup de pouce » CEE revalorisé, le bonus batterie européen et la hausse des prix des carburants liée aux conflits au Moyen-Orient, qui rend l'usage d'une voiture électrique plus attractif.


<h3>L'électrique bat un record</h3>


Les voitures électriques atteignent 36 159 immatriculations, soit une part record de 38 % et une hausse de 113 %. Chez les particuliers, elles représentent 42 % des achats, avec 20 543 unités. Dans les flottes (entreprises, loueurs longue durée et administrations), elles pèsent aussi 42 %, avec 11 085 unités (+87 %). Les hybrides et les motorisations essence et diesel reculent nettement, à l'exception du GPL.


<h3>Les flottes d'entreprise sous pression fiscale</h3>


Les changements fiscaux accélèrent l'électrification des flottes tout en réduisant les volumes : taxe annuelle incitative renforcée avec quota de véhicules à faibles émissions et pénalités pouvant atteindre 4 000 €, ainsi que des malus CO2 et poids durcis pour tout le marché. Fin août, les achats des entreprises non automobiles reculaient de 6 % sur l'année, dans un contexte de croissance faible et de factures énergétiques élevées.


Fin juillet, l'électrique représentait 53 % des achats des grandes entreprises, 30 % pour les PME et 26 % pour les ETI. La construction (46 %) et les professions libérales (41 %) sont les secteurs les plus électrifiés. Les grands SUV du segment D comptent 65 % d'électriques, contre seulement 16 % pour le segment B et 31 % pour les SUV compacts.


<h3>Le marché de l'occasion recule</h3>


Le marché de l'occasion compte 356 008 transactions en août (-5 %) et 3 433 378 depuis janvier (-4 %). Les voitures électriques d'occasion progressent de 32 %, à 15 928 transactions, soit 4 % du marché, tandis que le diesel recule de 11 % et l'essence de 7 %. Avec une inflation d'environ 2,4 % sur un an et un pouvoir d'achat en baisse au deuxième trimestre, les ménages épargnent davantage.


<h3>Leasing social : une troisième édition</h3>


Ouverte le 16 juillet 2026, la troisième édition du leasing social vise 50 000 voitures pour les ménages dont le revenu fiscal de référence est inférieur ou égal à 16 880 €, avec un loyer plafonné à 200 € par mois. Vingt modèles de 14 marques sont éligibles, et environ 30 000 voitures avaient déjà été attribuées début septembre. Selon AAA Data, le dispositif agit surtout comme un signal prix sur l'offre électrique, plusieurs marques ayant lancé des offres de location inspirées du leasing social.


<h3>L'éco-score s'impose</h3>


De janvier à août 2026, 78 % des voitures électriques neuves immatriculées étaient éco-scorées. Cette part atteint 93 % dans le segment B et 91 % dans le segment C, mais reste minoritaire dans les segments premium, faute d'offre éligible. Le Tesla Model Y, avec 29 645 immatriculations sur huit mois, est éco-scoré à 92 %.


Ces chiffres montrent un marché automobile français en pleine transition : les particuliers reviennent en force, l'électrique devient le premier choix d'énergie et les dispositifs publics comme le leasing social et l'éco-score orientent de plus en plus les achats.