Après quelques mois de stabilité depuis le printemps, les taux des crédits immobiliers repartent à la hausse en France. Début septembre 2026, les banques prêtent en moyenne à 3,5 % sur vingt ans, et les courtiers s'attendent à de nouvelles hausses dans les prochaines semaines.
En cause : la forte remontée du taux d'emprunt de l'État français et le durcissement de la politique monétaire de la Banque centrale européenne, comme l'explique un article du Monde publié le 23 septembre.
<h3>Des barèmes relevés à la rentrée</h3>
Selon Ludovic Huzieux, cofondateur d'Artémis Courtage, les banques ont relevé leurs barèmes de 0,1 à 0,2 point à la rentrée, et une nouvelle hausse est attendue en octobre.
Jusqu'ici, les établissements réduisaient leurs marges pour continuer à afficher des conditions attractives. Une stratégie de plus en plus difficile à tenir depuis l'été.
<h3>L'OAT à dix ans s'envole</h3>
Le principal facteur est l'obligation assimilable du Trésor (OAT) à dix ans, l'emprunt d'État de référence, dont le taux est passé de 3,6 % fin mai à plus de 4 % fin juillet. Un niveau inédit depuis 2009, selon Pierre Chapon, cofondateur du courtier Pretto, qui y voit le principal point de vigilance des marchés.
La hausse s'est poursuivie ces dernières semaines sur fond de retour de l'inflation, l'OAT atteignant 4,3 % début septembre.
<h3>La BCE durcit le ton</h3>
Autre facteur : la Banque centrale européenne a relevé son taux de dépôt une première fois en juin, puis le 10 septembre, à 2,5 %, pour tenter de freiner l'inflation liée à la guerre en Iran.
Dans ce contexte, Sandrine Allonier, porte-parole du réseau de courtage Vousfinancer, s'attend à d'autres hausses des taux de crédit dans les prochaines semaines, avec des effets sur la capacité d'emprunt des ménages.
<h3>Vers 4 % d'ici la fin de l'année ?</h3>
Caroline Pasquereau, directrice du marketing stratégique et de la communication du courtier Empruntis, estime que les banques pourraient ajuster leurs barèmes plus souvent pour lisser la hausse, et que les taux sur vingt ans pourraient atteindre 4 % fin 2026.
Ce seuil avait déjà été dépassé fin 2023, mais dans un contexte très différent : les taux avaient alors quadruplé en deux ans, passant de 1 % à 4 %, et les banques avaient en partie restreint l'accès au crédit.
Pour les ménages qui ont un projet immobilier, le message des courtiers est clair : la période de stabilité semble terminée. Avec une OAT à des niveaux inédits depuis 2009 et une BCE qui remonte ses taux, le coût du crédit devrait continuer à grimper dans les prochains mois, au détriment de la capacité d'emprunt.