Suivez mois après mois l’évolution du marché automobile en 2026.
Après un début d’année 2026 négatif, le marché automobile français affiche une croissance (+3 %) sur les huit premiers mois de l’année. Le marché européen est plus dynamique au premier semestre, avec une hausse de 5,7 % des immatriculations.
<h3>Retour dans le vert pour le marché français</h3>
Alors que le marché automobile français était en retrait sur les cinq premiers mois de l’année, un mois de juin en très forte hausse (+11,37 %) couplé à un été dynamique (+8,96 % en juillet et +7,40 % en août) lui permet pour l’instant de retrouver des couleurs en seconde partie d’année. Les immatriculations sont en augmentation de 3,05 % par rapport à la même période en 2025, soit 1 078 323 nouvelles voitures.
Au grand dam des industriels et des concessionnaires, les ventes de voitures neuves n’affichent toutefois pas des taux de croissance délirants. Après un rebond post-Covid de +16 % en 2023, le marché s’est rétracté de 3,2 % en 2024 et de 5 % en 2025. Cette année 2026 devrait encore s’avérer complexe. « Notre scénario de référence prévoit un total de 1,62 million d’immatriculations », indiquait en début d’année le cabinet spécialiste des données d’immatriculations AAA Data. « Dans un contexte de croissance économique modérée, le marché devrait rester proche des niveaux de 2025 avant de retrouver davantage de dynamisme à partir de 2027. »
<h3>Les freins à la consommation : prix et fiscalité</h3>
Les raisons sont nombreuses : les prix moyens de vente restent élevés pour les particuliers, les entreprises limitent leurs dépenses, le durcissement des malus écologique et au poids compliquent la donne… Les consommateurs se détournent donc des véhicules neufs et gardent leur voiture plus longtemps. Mais le marché de l’occasion a connu un début d’année peu dynamique. Avec 3 433 548 transactions, il se rétracte de 4,1 %. Le marché des véhicules utilitaires, dont la production est importante en France, a lui aussi connu une entame d’année difficile : avec 224 562 unités, il est en recul de 4,78 % sur les huit premiers mois de l’année.
<h3>L'accélération de la décarbonation</h3>
Un point positif est que la décarbonation des ventes s’accélère. Si les véhicules électriques représentent toujours un faible pourcentage du parc automobile total, la part des véhicules électriques dans les ventes de véhicules neufs s’établit à 29,9 % entre janvier et août, une très nette accélération de 12,2 points en glissement annuel. L’électrique a en partie été boosté en début d’année par les livraisons des véhicules commandés dans le cadre de la seconde édition du leasing social, dont la troisième édition a été lancée en juillet. Selon les prévisions, la part de l’électrique devrait se stabiliser autour de 25 % sur l’ensemble de l’année, bien que la tendance actuelle laisse imaginer un chiffre supérieur. Ce pourcentage devait initialement être atteint en 2025, les constructeurs étant contraints par la réglementation européenne sur le CO2 de « verdir » leurs immatriculations pour éviter de lourdes amendes. Mais face aux difficultés structurelles du secteur, inquiété par la concurrence chinoise qui convoite le continent, les autorités européennes ont choisi d’assouplir la loi. Les constructeurs peuvent désormais « lisser » sur trois ans (2025-2027) leurs objectifs CO2.
<h3>Les ajustements législatifs européens</h3>
Mi-décembre, la Commission européenne est allée plus loin en proposant de larges ajustements à la législation en vigueur, dont notamment une flexibilité de 10 % sur les émissions carbone à l’échappement en 2035. L’exécutif européen réfléchit aussi à l’introduction d’un « contenu local minimum » de 70 % de la valeur des composants, hors batterie. Mais le vote du texte législatif n’est pas attendu avant 2027, alors que les discussions sont houleuses entre les États membres.
<h3>Une situation européenne plus favorable</h3>
Au niveau européen, la situation du marché est moins mitigée qu’en France. Sur les six premiers mois, le marché des voitures particulières est en hausse de 5,7 %, à 5 896 683 unités. La part des véhicules électriques représente désormais 20,7 % des ventes (+5,1 points). À l’inverse de la France, le marché des utilitaires légers a repris des couleurs après une mauvaise année 2025, avec des immatriculations en hausse de 1,9 %, à 742 759 unités.