Le marché européen des véhicules électriques a pris un nouvel élan en 2025, les voitures entièrement électriques atteignant une part record de 17 % des nouvelles immatriculations dans l'UE.


Il s'agit d'une avancée importante, mais la Chine reste largement en tête. Les voitures entièrement électriques y représentaient 31 % du marché, tandis que les volumes de production affichaient un écart encore plus grand. Les usines européennes ont produit environ 2,1 millions de véhicules entièrement électriques en 2025, contre près de 9,7 millions en Chine.


<b>Le défi pour l'Europe ne consiste plus simplement à convaincre les conducteurs d'acheter des véhicules électriques. Il s'agit de maintenir suffisamment de technologie, de fabrication et de ventes futures au sein de la région.</b>


<h3>Des modèles abordables ont stimulé la croissance</h3>


L'une des raisons de la meilleure performance européenne a été l'arrivée de voitures électriques plus abordables. Les constructeurs ont lancé des modèles moins chers alors que de nouveaux objectifs européens en matière de CO₂ entraient en vigueur, offrant aux acheteurs plus de choix en dessous du segment premium.


Cela a aidé les ventes à se redresser après une période plus lente entre 2022 et 2024. La tendance générale est claire : lorsque des normes d'émissions plus strictes approchent, les constructeurs automobiles ont tendance à augmenter le nombre de modèles électriques disponibles et à intensifier leurs efforts commerciaux.


Cela fait de la réglementation une composante importante du marché, plutôt qu'une simple exigence environnementale.


<h3>La Chine avance plus vite</h3>


Le problème majeur de l'Europe est la vitesse de la concurrence ailleurs. La Chine a bâti une industrie des véhicules électriques beaucoup plus vaste et continue d'augmenter rapidement sa production. Parallèlement, les marchés émergents s'électrifient plus rapidement que de nombreux pays européens. Le Vietnam, la Thaïlande et l'Indonésie ont déjà atteint des parts de marché pour les voitures électriques qui dépassent celles de certaines régions d'Europe. Cela importe car ces pays représentent les futurs marchés de croissance. <b>Si les constructeurs européens perdent du terrain dès maintenant, ils risquent de céder une grande part des ventes mondiales de voitures à leurs concurrents chinois.</b>


Les États-Unis prennent une direction différente, avec des normes de consommation de carburant moins strictes qui devraient ralentir l'adoption des véhicules électriques et creuser davantage leur écart avec la Chine.


<h3>L'incertitude politique crée des risques</h3>


La transition européenne vers l'électrique est étroitement liée à ses règles sur les émissions de CO₂ des voitures. La crainte est que l'assouplissement de ces règles réduise la pression exercée sur les constructeurs pour investir dans des modèles électriques. Les propositions autour de l'objectif 2035 ont déjà créé une incertitude quant à la rapidité avec laquelle les ventes de voitures neuves doivent évoluer vers des véhicules à zéro émission. Pour les constructeurs, des objectifs flous rendent les décisions d'investissement à long terme plus difficiles. Les usines de batteries, les plateformes de véhicules et les chaînes d'approvisionnement nécessitent des années de planification.


<b>Une réglementation stable donne aux constructeurs automobiles une raison plus claire d'investir dans la production européenne plutôt que de retarder des projets ou de les délocaliser.</b>


<h3>Les flottes d'entreprise pourraient accélérer la demande</h3>


Les flottes d'entreprise pourraient devenir une autre source majeure de croissance pour les véhicules électriques. Une grande partie des voitures électriques d'entreprise vendues en Europe sont déjà produites au sein de l'UE. Une électrification plus rapide des grandes flottes professionnelles pourrait donc soutenir à la fois la demande et la fabrication nationale. Le marché des voitures de société importe également parce que les véhicules entrent souvent sur le marché de l'occasion après plusieurs années, contribuant ainsi à élargir l'offre de véhicules électriques d'occasion plus abordables.


<h3>Des batteries moins chères sont aussi essentielles</h3>


La baisse des prix des véhicules dépendra fortement de la technologie des batteries. Les batteries LFP (phosphate de fer lithium) attirent l'attention car elles utilisent moins de matières premières coûteuses et critiques que certaines alternatives.


Leur utilisation croissante pourrait aider les constructeurs à produire des véhicules électriques moins chers. Le problème est que la production de batteries LFP est actuellement dominée par la Chine. L'Europe a donc besoin de davantage de capacités locales si elle veut réduire sa dépendance à l'égard de la technologie des batteries importées.


<h3>Le réseau de recharge doit suivre le rythme</h3>


La croissance des véhicules électriques dépend également d'une infrastructure de recharge fiable. Les projections industrielles suggèrent que le réseau public de recharge en Europe peut continuer à s'étendre assez rapidement pour soutenir la demande croissante, aidé par les règles européennes en matière d'infrastructure.


C'est essentiel car des voitures moins chères seules ne suffiront pas à convaincre les conducteurs si la recharge reste difficile ou inégale.


<b>Le marché européen des véhicules électriques va dans la bonne direction, mais la course devient mondiale et de plus en plus industrielle. La hausse des ventes n'est qu'une partie de l'histoire. La question plus large est de savoir si l'Europe peut construire les voitures, les batteries et les infrastructures nécessaires pour rester compétitive alors que la mobilité électrique devient la nouvelle norme.</b>